Le marché immobilier reviendra-t-il à l’équilibre en 2022?

Le marché immobilier reviendra-t-il à l'équilibre en 2022?
Le marché immobilier reviendra-t-il à l'équilibre en 2022?
Retour aux articles

En 2022, le marché immobilier connaîtra tranquillement un retour vers l’équilibre. La période de surchauffe immobilière s’estompera graduellement afin de laisser place à une certaine normalité. 

Depuis le début de la pandémie, une folie immobilière s’est emparée du marché non seulement à Montréal, mais aussi à travers l’ensemble de la province. Dans la région de Montréal, il a été possible de constater une hausse fulgurante de prix des propriétés allant jusqu’à 20 % au-dessus de leur valeur réelle, et ce, dans le cas des maisons unifamiliales et des copropriétés.

Des phénomènes tels que la surenchère et les offres multiples sont devenus monnaie courante. Les vendeurs ont pu ainsi profiter de l’occasion pour vendre leurs résidences à des prix faramineux étant donné les conditions particulières du marché. Les acheteurs en ont toutefois subi les contrecoups. 

Soyez rassuré, un marché davantage équilibré est à prévoir en 2022. Le nombre d’acheteurs et la quantité de maisons offertes se stabiliseront au fil des mois. 

Quels éléments participeront à ce changement de cap? C’est ce que vous découvrirez ci-dessous.

Un retour à la ville pour de nombreuses personnes

Plusieurs personnes se sont exilées à la campagne, dans des régions particulièrement éloignées, pendant la pandémie. Pour certaines d’entre elles, il s’agissait d’un moyen de fuir le confinement et le quotidien invivable de Montréal. Elles souhaitaient ainsi bénéficier d’un plus grand espace et d’un rythme de vie plus serein. Pour d’autres, la possibilité du télétravail leur a permis de sauter le pas. 

Il y a donc eu un véritable engouement pour les résidences situées à la campagne. Des propriétés qui traînaient sur le marché depuis quelques années ont réussi à trouver preneur. Dans la majorité des cas, ces maisons ont été vendues à des prix un peu plus élevés que leur valeur réelle. 

Ces gens se sont exilés rapidement, mais pourraient également envisager un retour dans la métropole à court terme étant donné la possibilité de revenir au travail en présentiel. Ce phénomène pourrait entraîner une réduction des demandes pour les propriétés en région éloignée, ce qui corrigerait sans doute les prix par la même occasion. 

Est-ce que le télétravail se poursuivra en 2022?

Oui, le télétravail sera définitivement intégré dans les pratiques de la majorité des entreprises. Ces dernières doivent analyser les avantages et les inconvénients de ce mode de travail pour que leurs employés puissent s’adapter et exécuter leurs tâches sans problème. 

Cela ne veut pas dire que le travail en présentiel sera abandonné. De nombreuses personnes aiment se rendre au bureau afin d’échanger avec leurs collègues, créer des contacts ou travailler en équipe. En 2021, un sondage CROP réalisé pour l’Ordre des CRHA-CRIA du Québec démontrait que :

  • 38 % des travailleurs souhaitent poursuivre leur travail à temps plein en télétravail
  • 24 % des travailleurs désirent bénéficier de la flexibilité de choisir
  • 18 % des travailleurs préfèrent un mode hybride suggéré par leur employeur

Certaines personnes choisiront peut-être de se rapprocher de leur travail et de Montréal pour avoir le loisir de sélectionner le mode de travail désiré selon leurs préférences.

La vente de propriétés par les baby-boomers

En 2022, les baby-boomers seront plus sujets à vendre leurs propriétés que dans les deux dernières années. Il s’agit d’un autre élément qui contribuera au retour à l’équilibre du marché immobilier. Ces mises en vente permettront d’augmenter l’inventaire sur le marché et ainsi d’offrir plus de choix aux acheteurs. 

Selon un sondage du groupe immobilier Royal LePage, 51 % des baby-boomers envisagent de déménager dans une autre ville lors de leur retraite. Les experts croient que les baby-boomers s’éloigneront des grands centres pour s’installer dans des régions plus éloignées. Cela devrait ainsi libérer un grand nombre de propriétés.

Pourquoi les baby-boomers vendent-ils leurs résidences?

Les baby-boomers vendent leurs résidences pour trois raisons principales  :

  • déménager dans un endroit plus petit ou dans une résidence de retraite
  • aider leurs enfants à acheter une maison
  • débloquer des fonds pour profiter de la vie

À l’approche de la retraite, de nombreux baby-boomers cherchent à réduire leurs dépenses. Lorsqu’ils déménagent dans une ville au coût de la vie plus abordable et dans une résidence plus petite telle qu’une copropriété, ils tirent profit de la vente de leur maison. Bien évidemment, certains d’entre eux décideront de garder leurs propriétés le plus longtemps possible.

L’enjeu de la construction résidentielle

La difficulté d’obtenir les permis de construction requis pour effectuer de nouvelles habitations a réellement contribué à créer l’effet de sous-inventaire sur le marché. Depuis les dernières années, les instances municipales et provinciales demandent aux constructeurs de respecter des procédures administratives complexes, ce qui entraîne de longs délais et diminue l’offre sur le marché.

Si les municipalités s’ajustent à la réalité immobilière d’aujourd’hui, la reprise des constructions pourrait aider le marché à se rééquilibrer. Cela permettrait d’avoir un plus grand inventaire de disponible sur le marché.

Y a-t-il une pénurie de logements au Québec?

Selon le directeur du Service économique de l’APCHQ, le Québec connaît une véritable pénurie de logements. En effet, selon lui, entre 40 000 et 60 000 logements seraient manquants. Il s’agit d’un effet direct du faible taux de constructions neuves au cours des dernières années.

La solution est simple : davantage d’offres et plus de constructions. Les mises en chantier devraient être accélérées pour améliorer l’accessibilité au logement. Il serait donc souhaitable que les municipalités assouplissent le fardeau réglementaire relié aux permis de construction. Dans certaines municipalités, les délais ne se comptent plus en mois, mais bien en années. Une aberration compte tenu de la crise actuelle. 

Aujourd’hui, l’accessibilité au logement est plus que jamais essentielle et devrait demeurer une priorité pour les gouvernements en place.

De quelle façon accélérer les mises en chantier?

À titre d’exemple, certaines municipalités ont mis en place un guichet unique pour les entrepreneurs en construction. Cette manière de procéder donne un énorme coup de pouce aux entrepreneurs afin de leur éviter un véritable dédale administratif. 

Tel que mentionné ci-haut, l’allègement de la réglementation par les municipalités est également à envisager pour accélérer les mises en chantier. Il s’agit simplement de trouver un moyen pour que les démarches administratives se déroulent plus rapidement.

De plus, un remboursement d’une partie des taxes de vente au fédéral et au provincial sur l’achat d’une habitation neuve serait à considérer. Comme les propriétés neuves ont un coût plus élevé, cette réduction de taxe permettrait de stimuler les achats et ainsi d’accroître le nombre de constructions.

La reprise des constructions neuves pourrait certainement aider le marché immobilier à retrouver son équilibre. Il est toutefois impossible de savoir si les mises en chantier augmenteront réellement dans l’année à venir. Alors, est-ce que l’offre et la demande reviendront à la normale en 2022?

Oui, le retour en ville de nombreuses personnes et l’augmentation des ventes des propriétés des baby-boomers contribueront certainement à stabiliser l’offre et la demande et à rééquilibrer le marché immobilier

  • 115
  • 0